Symphonique, gothique, parfois folklorique, le style de Nightwish synthétise des éléments hérités des années 70 et 80, et leur ajoute une bonne dose de violence héritée de Metallica. Venus d’une petite ville de Finlande, Kitee, ils tournent dans le monde entier et vendent des millions de disques, tout comme leurs confrères américains d'Evanescence. L’originalité de la chanteuse Tarja Turunen, rompue à l'art lyrique, n’est pas pour rien dans ce succès.
Tuomas Holopainen n’a pas vingt ans lorsqu’il fonde le groupe en 1996. Musicien précoce, il sait jouer de la clarinette, du piano et du synthétiseur. Il s’entoure de Jukka Nevalainen, Emppu Vuorinen, Samppa et, déjà, de Tarja, et enregistre une première maquette autoproduite, devenue un collector rarissime (500 exemplaires). Marqué par le jazz, le rock progressif et la musique médiévale, le son de Nightwish s’avère techniquement excellent, mais fort éloigné de l’énergie du metal. Et c’est un producteur de la maison de disque Drakkar qui les convainc de franchir le saut, s’engageant à financer leur album s’ils acceptent de saturer leurs guitares et d’alourdir leur batterie.
Le groupe accepte, ce qui donne naissance, en 1997, à l’album « Angels Fall First ». Peu apprécié par la critique, qui le juge tout cela trop prétentieux, il obtient néanmoins un petit succès en Finlande grâce au single « The Carpenter ». Encore plus complexe, « Oceanborn » est enregistré dans la salle des sports de Kitee qui, comme on s’en doute, n’est pas vraiment l’idéal d’un point de vue technique. Le batteur se trouve isolé dans un réduit de 10 mètres carrés et communique avec les autres membres du groupe grâce à un casque. Du coup, l’ambiance, au cours des sessions, est éprouvante. Pourtant, une fois terminé, l’album obtient un succès supérieur à « Angels Fall First », se maintenant dans les charts finnois pendant 30 semaines !
Peu à peu, Nightwish devient énorme, ce qui n’empêche pas les musiciens de chercher toujours à se renouveler. Tarja, en particulier, poursuit ses études au Conservatoire, s’essayant à l’opéra et au chant sacré. En 1999, le single « Sleeping Sun », sorti le jour d’une célèbre éclipse solaire (qui, selon Paco Rabanne, devait s’accompagner de la fin du monde), leur offre leur premier succès en dehors de Finlande. Il se vend en effet à 15 000 exemplaires en Allemagne. Avec « Wishmaster » (2000), le groupe poursuit sa lente ascension, apparaissant dans les charts françaises pour la première fois. La tournée mondiale qui suit, les conduisant un peu partout en Euroupe et en Amérique (du Nord et du Sud), finit de consacrer leur popularité. Dès 2001, leur album est en effet disque de platine.
Classiquement, ce succès s’accompagne d’une trop forte pression, et vers la fin de l’année, Tuomas manque de dissoudre le groupe. Après un séjour régénérateur dans la sauvage Laponie, il change néanmoins d’opinion et revient enregistrer « Century Child » (2002) avec ses camarades. Enregistré avec un orchestre symphonique, le disque est un nouveau succès commercial. Dans l’intervalle, Marco Hietala, qui était régulièrement invité en tant que chanteur, a remplacé l’ancien bassiste.